L2 Psycholinguistique Résumé d'article.

Deux théories actuelles concernant les procédures d’accès et le mode de représentation des mots morphologiquement complexes (plus d’un morphème) sont utilisées pour orienter l’étude:

-    H1 : hypothèse des entrées indépendantes (1977) – Manelis et Tharp : Il n’y a pas de différence de modalité d’accès et de représentation entre les mots simples et complexes ; chaque entrée lexicale est propre et indépendante. Seuls les mots possédant une même racine (appartenant à la même famille morphologique) sont considérés comme fortement reliés dans le lexique interne.

-    H2 : hypothèse dérivationnelle. Seule  la racine des mots est représentée dans le lexique interne, non pas la combinaison racine-affixe. C’est l’entrée racine qui comprend les règles de combinaisons des affixes. Ainsi la procédure d’accès serait de nature décompositionnelle : une première étape « enlève » les affixes, pour ensuite coder la racine seule, et cette dernière contient les informations de combinaisons permises.

 

Problématique :

            Il s’agit d’analyser dans quelle mesure la structure morphologique interne des mots influence les procédures engagées dans leur identification : comment ces procédures permettent-elles l’accès au lexique mental (interne), et quelle est la nature et le mode d’organisation de ces représentations lexicales ? L’article analyse uniquement les mots morphologiquement complexes dérivés.

-    E1 : Etude du rôle éventuel de la structure morphologique dans l’identification des mots : recherche de l’existence ou non d’un traitement différentiel des mots affixés et pseudo-affixés. L’expérience est une tâche de décision lexicale et consiste en la présentation du stimulus sur un écran relié à un ordinateur. Les sujets doivent décider rapidement si l’item-test présenté constitue ou non un mot, si possible sans faire d’erreur. Les réponses sont associées à deux boutons distincts. « oui » est associé à la main dominante du sujet, « non » à la seconde.

-    Résultats : Présentation des moyennes des écarts types des temps de décisions lexicales (en ms) aux mots-tests expérimentaux, en fonction de leur catégorie lexicale et du type de paire expérimentale auxquelles ils appartiennent  (homogènes ou non).

1) Effet significatif de la nature de la relation morphologique : la réponse est plus rapide quand le mot test fait partie d’une paire homogène. Ce facteur n’est significatif que lorsque le mot test est suffixé.

2) Facteur qui interagit avec la catégorie du mot test : seules les paires de mots suffixés et pseudo-suffixés diffèrent  selon leur contexte de présentation pour les paires homogène et hétérogène.

3) Facteur « rang de présentation » n’interagit pas avec les autres facteurs. Il est observé à la 2ème présentation des items (donc de nature stratégique) pour les mots tests pseudo-affixés à L’effet observé pour les items-tests suffixés en fonction du type de paire dont ils font partie apparaît dès leur première présentation. Donc, cet effet n’est pas le résultat de stratégies de traitements qui s’établissent progressivement au cours de l’expérience.

- Discussion générale : Il y a mise en valeur de l’importance du rôle du contexte selon le type de mots-tests considéré. Celui-ci est plus important pour les mots suffixés et pseudo-suffixés (que pour les préfixés et pseudo-préfixés). Pour les premiers, la différence entre paires homogènes et hétérogènes est significative, alors qu’elle ne l’est pas pour les seconds.

- Conclusion : Ces résultats indiquent une asymétrie potentielle dans le traitement des deux types de mots affixés. Ils confirment donc l’hypothèse dérivationnelle de Manelise et Tharp. Cependant, il est important de s’interroger sur le lien entre cette asymétrie et le partage d’une même rime pour ces mots suffixés. Il faut donc dissocier l’effet de ce facteur « rime » de celui des « propriétés morphologiques ». D’où la nécessité d’une seconde expérience, où le mot-test ne partage pas les mêmes éléments d’affixations que le mot contexte.

 

Problématique: Examen de la pertinence du rôle de la structure morphologique dans les procédures d’accès au lexique, vérification de l’asymétrie entre mots affixés, préfixés et suffixés observée en E1.

H2 : L’identification d’un mot-test est plus aisée lorsqu’il est inclus dans une liste-contexte contenant des mots de même structure morphologique.

E2 : Technique d’induction d’une attente par la présentation d’une série d’items de même nature morphémique. On  constitue deux listes de 32 items affixés où les mots d’une séquence contexte et le mot-test associé partagent la même structure morphologique mais ne possèdent pas la même première ou dernière syllabe.

Résultats 2 : Au regard des moyennes des temps de décisions lexicales, le facteur « type de contexte » introduit une différence significative pour les mots-tests suffixés et non-significative pour les préfixés. 

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