L2 Exercices de syntaxe 2 Part 2

. Sujet d’examen.

1. Malheureusement, Marie a posé un plat très chaud sur la table en marbre.

2. Après qu’elle a accepté d’habiter en Europe, Susan a travaillé sur d’autres continents. 

3. La pensée que Pierre joue fera grand plaisir à ses vieux parents. 

4. La pensée que Pierre forme fera grand plaisir à ses vieux parents. 

 

I.  Identifiez, pour tous les constituants concernés de la phrase 2, la fonction syntaxique  exercée, en précisant en premier lieu si elle relève des compléments ou des modifieurs. Vous  indiquerez dans tous les cas sur quels critères vous vous appuyez.

 
Tests auxquels se reporter pour l’analyse :

            (i) Susan a travaillé sur d’autres continents, après qu’elle a accepté d’habiter en Europe

            (ii) Après {le / la / les / ?}, Susan a travaillé sur d’autres continents.

            (iii))   Susan a travaillé sur d’autres continents.

            (iv) * Après qu’elle a accepté d’habiter en Europe. .

            (v) Après qu’ils aient accepté d’habiter en Europe,  ils ont travaillé sur d’autres continents.  

            (vi) * Après qu’elle a accepté en Europe d’habiter. / * Après qu’elle a accepté / * Après qu’elle a accepté d’habiter / * Après qu’elle habiter en / * qu’elle a accepté d’habiter en     Europe.

            (vii) Après qu’elle a accepté d’y habiter [...]

            (viii)*  a travaillé sur d’autres continents / a travaillé Susan sur d’autres continents.

            (ix) Elle y a travaillé.

            (x) Après qu’elle a accepté d’habiter en Europe, Susan a travaillé.

            (xi) Sur d’autres continents Susan a travaillé

            (xii) Susan a travaillé.

            (xiii)  Après qu’elle a accepté en Europe d’habiter.

            (xiv) Susan a travaillé sur d’autres continents, et ce, après qu’elle a accepté d’habiter en                  Europe.

            (xv) * Après qu’elle a accepté d’habiter et ce en Europe.

 

Le SP : ‘Après qu’elle a accepté d’habiter en Europe’.

Critères formels : Les positions possibles occupées par ce SP sont très souples (i), il ne s’accorde pas avec les autres propositions, et est introduit par la locution prépositionnelle de temps ‘ Après que’. Il n’est pas indépendant (iv) : il dépend de la seconde proposition.
Critère structuraux : Ce SP ne peut pas être pronominalisé (ii) mais il répond positivement au test de déplacement et d’effacement (iii) ce qui en fait un constituant très souple. Enfin il répond à la question Quand Susan a travaillé sur d’autres continents ?  

è Ce SP est donc un complément de temps facultatif, qui remplit des fonctions périphériques du point de vue de la structure de base.

 

A l’intérieur du SP :

- Elle est la fonction sujet (pronom personnel anaphorique représentant Susan).

Critères formels : elle s’accorde en genre et en nombre avec le verbe qu’elle précède (v), et n’est pas introduit par une préposition.

Critère structuraux : la fonction sujet répond à une question introduite par qui dans Qui a accepté d’habiter en Europe ? Elle a accepté (Susan).  

 

- a accepté est le prédicat : on le remarque par son auxiliaire et son verbe conjugué (au passé).

 

 

- d’habiter en Europe :

Critères formels : introduit par la préposition de, placé directement après le verbe mais ne s’accorde par en genre ou en nombre (v)

Critère structuraux : répond à la question Qu’est ce qu’elle a accepté ? Habiter en Europe. Ce complément ne peut ni être supprimé ni déplacé (vi), il est donc essentiel au verbe accepter, et c’est un complément d’objet direct.

 

 

A l’intérieur du complément d’objet indirect : - En Europe 

Critères formels : c’est un complément souple compris à l’intérieur du COI introduit par une préposition et ne s’accordant pas.

Critères structuraux : il peut être pronominalisé (vii) et répond à la question Où ? En Europe est donc un complément de lieu fortement lié au COI habiter.

 

Le SN Susan : la fonction sujet de ce complément essentiel est facilement identifiable :

Critères formels : Susan est antéposé au verbe et s’accorde avec lui en genre et en nombre (v) , il n’est pas introduit par une préposition.

Critères structuraux : Le déplacement est impossible autant que l’effacement (viii).

Susan peut être pronominalisé (substitution par elle) et répond à la question Qui a travaillé sur d’autres continents ?

 

Le SV ‘a travaillé sur d’autres continents’ :

- a travaillé est le prédicat formellement reconnaissable par l’auxiliaire a et le participe passé travaillé. Ici son emploi est intransitif.

- le SP sur d’autres continents :

Critères formels : introduit par la préposition sur le syntagme est placé après le verbe et ne s’accorde pas avec lui (v)

Critères structuraux : La pronominalisation par y est possible (ix) , ce segment répond à la question Où Susan a-t-elle travaillé ? Sur d’autres continents. C’est donc bien un complément de lieu, complément qui peut être supprimé (x) et déplacé (xiii), par la même facultatif.

 

 

II.  Décrivez précisément, en faisant ressortir leurs différences, les propositions subordonnées  des phrases 3 et 4.

 

 

3. La pensée que Pierre joue fera grand plaisir à ses vieux parents. 

            (i) La pensée fera grand plaisir à ses vieux parents.

            (ii) Pierre joue.

            (iii) * Pierre joue une pensée

 

4. La pensée que Pierre forme fera grand plaisir à ses vieux parents. 

            (i) La pensée fera grand plaisir à ses vieux parents.

            (ii) * Pierre forme

            (iii) Pierre forme une pensée

           

 

 

            Si en apparence ces deux phrases sont similaires, les tests effectués prouvent que leur fonctionnement est différent. Des deux propositions subordonnées, seule la 3. pourrait être une phrase potentiellement complète et indépendante (ii) lors de la suppression du complémenteur. Ce qui prouve que le complémenteur n’a pas de fonction référentielle, et n’est donc pas un pronom relatif. Au contraire, en 4, celui-ci rempli une fonction syntaxique : il est pronom relatif objet du verbe transitif former (former quelque chose). Ceci signifie donc qu’en 3 la proposition subordonnée est complétive alors qu’en 4 c’est une relative.

�W e�� �ie donc qu’en 3 la proposition subordonnée est complétive alors qu’en 4 c’est une relative.

 

�l-n�� �--> justify�rfn�� �(vi)b constitue une phrase indépendante, c’est donc une complétive qui n’est pas affectée par la suppression de que, ici pur complémenteur d’une proposition complétive.

 

  

1. Malheureusement, Marie a posé un plat très chaud sur la table en marbre.

Justifications :

 

‘Malheureusement’ peut être supprimé et déplacé, il modifie toute la phrase et est un élément facultatif.

(i)                  Marie a posé un plat très chaud sur la table en marbre.

(ii)                Marie a posé un plat très chaud sur la table en marbre, malheureusement.

 

Un plat très chaud’ peut être substitué par ‘un chat’ dans (iii), il fait donc partie du groupe nominal un plat. Il peut même être supprimé (iv) mais ne peut pas être déplacé (v) : il entretient un lien étroit de dépendance avec ‘un plat’, groupe nominal avec lequel il s’accorde en genre et en nombre (vi)

(iii)               Marie pose un chat sur le fauteuil.

(iv)              Malheureusement, Marie a posé un plat sur la table en marbre.

(v)                Malheureusement, Marie a posé un plat sur la table en marbre très chaud.

(vi)              Malheureusement, Marie a posé une tarte très chaude sur la table en marbre.

 

Le SP ‘Sur la table en marbre’ a été mis en position sœur de la phrase ‘Marie à posé un plat chaud’ : celui-ci peut être supprimé et déplacé (vii et viii)

(vii)             Malheureusement, Marie a posé un plat très chaud.

(viii)           Malheureusement, Marie a posé sur la table en marbre un plat très chaud. / Malheureusement, sur la table en marbre, Marie a posé un plat très chaud. 

 

Le SP2 ‘en marbre’ dépend du SP1 ‘sur la table’, c’est bien la table qu’il qualifie. A preuve : il ne peut se trouver seul dans la phrase, ni être déplacé. Par contre il peut être supprimé lui aussi.

(ix)              Malheureusement, Marie a posé un plat très chaud sur la table.

(x)                * Malheureusement, Marie a posé un plat très chaud en marbre /  * Malheureusement Marie a posé en marbre un plat très chaud.

 

 

2. Après qu’elle a accepté d’habiter en Europe, Susan a travaillé sur d’autres continents. 

Justifications 

:

            On peut se reporter à la question un pour plus de précisions.

A propos du syntagme prépositionnel sur d’autres continents : en raison de ses possibilités de déplacement et d’effacement, nous avons décidé de l’analyser comme indépendant de la proposition indépendante Susan a travaillé. Il nous semble cependant tout à fait possible de l’intégrer

comme SP du syntagme verbal a travaillé, cela dit ce choix semble moins pertinent non seulement au vu des raisons énoncées ci-dessus, cela impliquerait de considérer le verbe travailler comme transitif (« travailler quelque part ») alors que ce complément est juste facultatif. C’est donc un choix qui semble moins judicieux.

3. La pensée que Pierre joue fera grand plaisir à ses vieux parents. 

Justifications :

            Voir question II pour l’analyse du que comme complémenteur dans la proposition subordonnée complétive P’.

            Le SP ‘à ses vieux parents’ est intégré au Groupe adjectival ‘grand plaisir’ ceux-ci entretiennent des liens syntagmatiques étroits. ‘Faire plaisir’ est transitif indirect : faire plaisir à quelqu’un. Si (ii) peut être acceptable (inversion du groupe adjectival et du SP), (i) et (iii) ne le sont pas.

            (i) * ? La pensée que Pierre joue fera grand plaisir.

            (ii) La pensée que Pierre joue fera à ses vieux parents grand plaisir.

            (iii) * La pensée à ses vieux parents que pierre joue fera grand plaisir // * La pensée que Pierre joue à ses vieux parents fera grand plaisir (le verbe joue devient transitif => Modification sémantique et syntaxique). 

 

4. La pensée que Pierre forme fera grand plaisir à ses vieux parents. 

Justifications :

            Se reporter à la question II pour l’analyse de que comme pronom relatif de la proposition subordonnée relative P’.

            Que est le complémenteur de la proposition relative P’ sa fonction référentielle est donc bien liée à ‘la pensée’. Le SV [forme + [ei]] symbolise le sujet vide non exprimé du verbe

former.

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés